Du 19 au 25 octobre 2026, c’est la Semaine québécoise de réduction des déchets! Pour souligner l’occasion et alimenter vos réflexions, le GRAME vous propose un article thématique sur la réduction des déchets textiles.
Chaque Québécois·e achète en moyenne 40 kg de vêtements neufs par année. Pourtant, une majorité de ces habits seront portés moins d’une fois par an, s’ils ne se retrouvent pas au dépotoir la même année que celle de leur production… Pire encore, le quart des vêtements neufs restent invendus!
Le rythme de production ainsi que nos achats suivent de moins en moins nos besoins réels. La production de vêtements a augmenté de 400 % au cours des 20 dernières années. Comment en est-on arrivé là? Et comment peut-on faire différemment?
La mode en accéléré
Avant la révolution industrielle, un vêtement était un bien précieux et durable : on le fabriquait soi-même et on le réparait pour le garder toute sa vie. Puis, l’industrie textile s’est développée au cours de 3 phases distinctes, chacune marquant une diminution de la durée d’utilisation des vêtements en réduisant leur durabilité physique et émotionnelle (c’est-à-dire le maintien dans le temps du désir d’une personne à porter ses vêtements).
D’abord, au 18e siècle, l’arrivée de la machine à coudre et du métier à tisser industriel, de concert avec la culture du coton dans les plantations esclavagistes des colonies d’Amérique, ont fait du textile un produit de consommation à grande échelle. Puis, au 20e siècle, l’entrée dans le monde de la mode éphémère (fast fashion) s’est faite grâce à l’arrivée de nouvelles fibres synthétiques peu coûteuses et rapides à produire, transformées dans des usines localisées là où la rémunération est minime. En magasin, on est passé de 2 collections saisonnières par année, jusqu’à une nouvelle collection par semaine.
Source : ClemRutter sur Wikimedia Commons
Source : The Wall Street Journal
Finalement, au tournant du 21e siècle, on parle maintenant de mode ultra-éphémère (ultra fast fashion). La digitalisation des ventes permet à des algorithmes de repérer les tendances pour nourrir une production toujours plus rapide et adaptable. Résultat : une marque comme Shein peut offrir de 2000 à 10 000 nouveaux modèles de vêtements par jour!
Afin d’écouler cette production grandissante, l’industrie compte sur un marketing agressif pour transformer le vêtement en marqueur social à renouveler sans cesse. Le budget de publicité représente 12 % du coût d’un vêtement, contre seulement 0,6 % pour la main-d’œuvre qui l’a confectionné.
Derrière cette évolution se cache une logique capitaliste : la majorité des enseignes de mode éphémère et ultra-éphémère sont cotées en bourse et doivent générer le plus de profits possible à court terme. Dans ce modèle économique, les conséquences sociales et environnementales ne sont tout simplement pas prises en compte comme responsabilités de l’entreprise afin de pouvoir diminuer ses charges.
S’habiller autrement
Pour briser le cycle de surconsommation des vêtements et tendre vers le zéro déchet, prolonger la vie de nos habits est le geste qui a le plus d’effet. C’est aussi l’un des plus accessibles, chaque situation ayant sa solution. Voici quelques idées selon le cas.
Prendre soin de ses vêtements
L’entretien peut faire une grande différence sur la durée de vie utile d’un vêtement! Le plus souvent, une simple aération suffit à rafraîchir un vêtement. En les lavant moins souvent, les habits s’usent moins vite, et leur impact sur l’environnement est moindre.
Réparer et ajuster ses vêtements
En cas de trou, de couture qui lâche ou de fermeture éclair à remplacer, on peut éviter de jeter en réparant! De même, les habits trop grands ou trop petits peuvent souvent être ajustés. On peut confier ces tâches à une couturière ou un couturier, ou encore mieux, développer soi-même ces compétences.
Certaines bibliothèques offrent gratuitement des ateliers de couture; c’est le cas par exemple de la Fabricathèque du Sud-Ouest, à la bibliothèque Saint-Henri. De même, des organismes et groupes citoyens dans plusieurs arrondissements de Montréal et d’autres municipalités au Québec organisent régulièrement des Cafés de réparation pour enseigner des techniques de réparation de vêtements et d’autres objets. Aux éco-quartiers Lachine et Sud-Ouest, on en organise aussi quelques fois par année!
Aussi, avec le Coin Tournant, l’éco-quartier Lachine offre chaque mois un atelier de couture zéro déchet. C’est l’occasion parfaite de venir apprendre à faire des réparations de base, des retouches et des transformations créatives.
Pour ne rien manquer des événements de la programmation de l’éco-quartier Lachine, abonnez-vous à l’infolettre mensuelle!
Donner une nouvelle vie à ses vêtements
Que faire avec un vêtement qui ne nous plaît plus? Souvent, on peut l’accessoiriser différemment pour se redonner le goût de le porter ou ré-utiliser le tissu! Échangez des idées avec vos ami·e·s, parents ou grands-parents qui font de la couture, ou tournez-vous vers les nombreux tutoriels et astuces disponibles en ligne.
Si vraiment plus rien d’un vêtement ne vous parle, il fera sûrement le bonheur de quelqu’un d’autre! Vous pouvez alors le donner dans une friperie. Les magasins de l’OBNL Renaissance sont présents dans de nombreux quartiers, ainsi que d’autres magasins de seconde main indépendants. Certains organismes ont des boîtes de collecte de dons, comme par exemple la Fondation La Collecte.
Encore mieux : vous pouvez donner directement une nouvelle maison à vos vêtements en organisant, en famille, entre ami·e·s ou avec votre voisinage, une soirée d’échange des pièces de votre garde-robe que vous n’utilisez plus.
L’éco-quartier Sud-Ouest propose également des événements d’échange de vêtements deux fois par année. Le prochain Troc Tes Trucs est d’ailleurs programmé pour le 24 octobre 2026, de 14h00 à 16h30, au centre sportif de la Petite Bourgogne. Pour en savoir plus et s’inscrire, c’est par ici!
L’éco-quartier Sud-Ouest a aussi une infolettre mensuelle. Abonnez-vous pour être au courant des activités à venir!