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Comprendre les changements climatiques

Écrit par :

Maria Camila Gallego Betancur
Stagiaire en communication

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L’environnement, c’est l’affaire de tout le monde – encore faut-il savoir de quoi on parle! Dans cette nouvelle série, le GRAME démystifie 10 notions environnementales dont nous entendons souvent parler dans les médias ou simplement dans notre vie de tous les jours.

Ce deuxième article s’intéresse aux changements climatiques, qui sont sans doute le plus grand défi de notre siècle. Depuis l’ère industrielle, les activités humaines ont créé une hausse des températures qui perturbe l’évolution naturelle de la planète. En agissant à différents niveaux, nous pouvons limiter la vitesse à laquelle se produisent les changements climatiques ainsi que leurs impacts sur les écosystèmes et sociétés humaines.

L’effet de serre : un phénomène naturel, mais amplifié par l’humain

Avant de parler des changements climatiques, il est important de bien comprendre le phénomène de l’effet de serre. C’est un mécanisme naturel de la planète qui permet de maintenir une température viable sur la Terre. Ainsi, certains gaz qu’on appelle gaz à effet de serre (GES) retiennent dans l’atmosphère une partie de la chaleur émise par la terre lorsque les rayons de soleil sont absorbés.

L’effet de serre naturel est comparable à la couverture de notre lit : il nous maintient à une température idéale. Cependant, si on ajoute une autre couverture, nous aurons plus chaud : c’est ce qui se produit lorsqu’on ajoute des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Saviez-vous que? 

Grâce à l’effet de serre naturel, la température moyenne sur Terre était de 15 °C avant l’ère industrielle. Mais sans cet effet de serre naturel, la température moyenne sur Terre serait de -18 °C !

Source : Wiki Débrouillars

Pour mieux comprendre comment fonctionne l’effet de serre, le programme éducatif Carbone Scol’ERE, qui aide les élèves du primaire et leurs familles à réduire ou à compenser leurs émissions de GES, propose cette explication vidéo en moins de 3 minutes.

Mais à quel moment l’effet de serre est-il devenu un problème?

Un réchauffement climatique sans précédent

L’effet de serre se produit naturellement sur notre planète. Toutefois, les scientifiques peuvent distinguer ce phénomène naturel de l’effet de serre anthropique, c’est-à-dire produit par l’humain. C’est ainsi qu’on peut affirmer que le réchauffement climatique est directement causé par l’activité humaine.

Depuis la révolution industrielle, les pratiques comme la combustion d’énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz naturel), la déforestation et l’élevage intensif causent une augmentation sans précédent des gaz à effet de serre (GES). On atteint ainsi des niveaux jamais vus depuis trois millions d’années.

L’observation des changements climatiques  Les scientifiques observent les niveaux de GES dans l’atmosphère pour émettre des hypothèses sur l’évolution de la planète. Ils fournissent aussi des recommandations aux décideurs et à la population. Voici un bref historique de quelques moments clés, inspiré de l’article La petite histoire des changements climatiques :
  • 1824 : Joseph Fourier, un scientifique français, calcule que la Terre serait considérablement plus froide en l’absence d’une atmosphère. C’est la découverte de l’effet de serre.
  • 1873 : Fondation de l’Organisation météorologique internationale (OMI)
  • 1896 : Svante Arrhenius, un scientifique suédois, calcule l’impact sur le climat d’une diminution ou d’une augmentation de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère
  • 1979 : Première conférence mondiale sur le climat
  • 1988 : Création du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC)
  • 1990 : le GIEC publie son premier rapport pour faire état de l’impact des activités humaines sur le climat.
  • 2005 : Protocole de Kyoto ratifié par 182 pays
  • 2015 : Signature de l’Accord de Paris
  • 2018 : Le GIEC publie un rapport qui insiste sur la nécessité de limiter le réchauffement climatique à 1,5 ºC par rapport aux niveaux pré-industriels pour limiter les effets.
  • 2021 : La 26e conférence des parties (COP26) se tient à Glasgow, en Écosse, qui aboutit au Pacte de Glasgow pour le climat. Le GRAME a résumé les principaux points à retenir de cet évènement.

Il existe différents types de gaz à effet de serre, et ils n’ont pas tous le même potentiel de réchauffement climatique. Voici les principaux et leurs impacts :

Source : Save4planet
  • Vapeur d’eau (H2O) : Produit par des processus naturels, il s’agit du gaz le plus présent dans l’atmosphère, mais aussi de celui qui y reste le moins longtemps. Après quelques jours seulement, ce gaz se condense en nuages et se transforme en pluie.
  • Protoxyde d’azote (N2O) : Ce gaz est principalement dû à l’utilisation d’engrais et de produits chimiques pour l’agriculture. Le protoxyde d’azote reste 120 ans dans l’atmosphère et a un potentiel de réchauffement 280 fois plus élevé que le CO2 sur 20 ans.

La grande différence du CO2 par rapport aux autres GES est qu’il reste très longtemps dans l’atmosphère. On aura beau diminuer nos émissions de méthane et de protoxyde d’azote, si on ne réduit pas nos émissions nettes de CO2 à zéro, les changements climatiques continueront de s’intensifier encore et encore

Andréas Louis, analyste en environnement au GRAME (2021 - 2022)

Calculer son empreinte écologique

L’empreinte écologique est un outil utilisé dans le domaine environnemental pour permettre aux individus ou aux entreprises de voir plus concrètement l’impact de leurs actions sur l’environnement. Ainsi, elle « sert à mesurer le volume des éléments de la planète qu’il faut mobiliser pour la production des ressources destinées à une personne pendant une année et pour la récupération de ses déchets » (Suzuki & Boyd, 2008, p.14). En calculant l’empreinte écologique, nous pouvons voir dans quels aspects du quotidien il y est possible de faire mieux!

Des conséquences importantes, même au Québec

L’augmentation des gaz à effet de serre a des répercussions désastreuses, qui mènent à l’intensification de phénomènes extrêmes. On parle notamment de la fonte des glaciers, de l’acidification des océans, et de plusieurs catastrophes naturelles qui s’ensuivent comme les tornades, sécheresses et inondations.

Même si toutes ces conséquences ne sont pas visibles dans notre quotidien, le Québec sera aussi touché par les changements climatiques. Ainsi, le gouvernement du Québec estime que l’augmentation des GES pourrait se traduire, d’ici 2050, par une hausse des températures pouvant atteindre 5 oC au sud et 9 oC au nord, principalement en hiver. Ce réchauffement aura une influence sur les précipitations, entraînant des inondations et des problèmes d’érosion.

Le dernier rapport du GIEC indique d’ailleurs que certains de ces phénomènes sont irréversibles à l’échelle d’une vie humaine, comme l’élévation du niveau de la mer qui va continuer pendant des milliers d’années. Afin de vous aider à y voir plus clair et à comprendre les enjeux soulevés dans le rapport, le GRAME l’a résumé en 8 points clés.

Les changements climatiques te causent de l’anxiété? Tu n’es pas seul.e! 

Il est normal que toutes ces informations créent une forme d’anxiété par rapport à notre futur, qu’on appelle l’éco-anxiété. Différentes émotions peuvent y être rattachées, comme la peur, la colère ou la tristesse. Il est important d’en prendre conscience pour les canaliser en actions positives pour l’environnement. L’organisme éco-motion propose des ateliers, des ressources et des outils concrets pour mieux comprendre l’éco-anxiété.

Les changements climatiques sont donc causés par les interventions des humains sur la planète, qui génèrent des gaz à effet de serre anthropiques. Ces gaz s’ajoutent à l’effet de serre naturel et créent des perturbations qui posent un véritable danger pour la vie sur Terre. Dans le prochain article de cette série, nous passons en mode solutions avec le thème de la transition écologique! Nous nous intéresserons aux actions à entreprendre pour éviter que les changements climatiques s’aggravent à grande vitesse.

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