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La permaculture : imiter la nature pour mieux la préserver

Écrit par :

Maria Camila Gallego Betancur
Stagiaire en communication

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Texte corédigé en collaboration avec Nicolas Valente (Chargé de communications en environnement au RNCREQ. Ex-agent de projet Éco-quartier Lachine – 2020-2021)

L’environnement, c’est l’affaire de tout le monde – encore faut-il savoir de quoi on parle! Dans cette nouvelle série, le GRAME démystifie 10 notions environnementales dont nous entendons souvent parler dans les médias ou simplement dans notre vie de tous les jours.

Devant les changements climatiques et la nécessité de faire une transition vers un modèle de société plus durable, la permaculture se présente comme une façon de mieux prendre soin de l’environnement. 

C’est quoi, la permaculture?

La permaculture, qui vient du terme « agriculture permanente », se base sur l’idée d’observer la nature et de l’imiter pour mettre en place des pratiques plus durables. Ainsi, plutôt que de cultiver un champ avec un seul légume, on réfléchit par exemple à la façon dont différentes espèces peuvent cohabiter et apporter des bénéfices à l’ensemble du système.

Valoriser la cohabitation des espèces 

En permaculture, tout est conçu pour favoriser la diversité, les liens entre les différents systèmes et l’abondance en vue de l’autosuffisance. Les plantes et les animaux, lorsqu’ils sont respectés et que leurs besoins sont comblés, peuvent fournir différents services. Par exemple, en aménageant un jardin avec des arbres fruitiers et des poules pondeuses, on crée de la beauté, on ajoute des sources de nourriture (à partager avec la faune sauvage), on protège le sol du soleil pour fournir un peu de fraîcheur à nos poulettes. Elles produisent un engrais naturel pour nos fleurs, arbres et légumes. Tout le monde y gagne.

Cette forme de culture se construit dans un souci de respect global : respect de la nature (faune et flore) au présent et au futur. Ainsi, on évitera de bouleverser son fonctionnement naturel. On agrémentera notre quotidien tout en pensant aux générations futures, pour leur léguer un environnement sain, autonome et productif.

Avant d’agir, il est important de comprendre le rôle des choses dans notre système : prendre le temps d’observer, avec empathie et compassion, tout ce qui nous entoure, insectes, faune, flore, humains, décors naturels, constructions humaines, etc. On se renseigne sur leurs besoins et leurs apports pour mieux intervenir. Par exemple, une belle plante peut devenir envahissante si l’on ne se renseigne pas avant de l’implanter dans notre jardin, comme la Berce du Caucase.

« En permaculture, chaque chose qu’on intègre doit avoir une ou plusieurs fonction(s). On doit en avoir analysé les besoins, les apports et les rejets avant de les intégrer au système. S'il s'agit d'ajouter des poules pondeuses dans un jardin, il faut d'abord analyser comment elles vivent, de quoi elles ont besoin en été comme en hiver, comment les protéger des prédateurs, quoi leur donner à manger, est-on capable de produire cette nourriture ou devra-t-on l'acheter, réfléchir à la gestion de leurs déchets, mais aussi à leurs comportements naturels (gratter le sol, jaqueter). Il faudra évaluer si vos voisins pourront vivre avec le bruit et les odeurs, si un vétérinaire local s’y connaît en poules, etc, etc, et ajuster vos choix aux différentes réalités qui surgiront. Bref, une vraie étude d'impact. »

Nicolas Valente, Chargé de communications en environnement au RNCREQ

On peut pratiquer la permaculture dans son jardin de campagne ou dans une ruelle en milieu urbain, comme on peut en appliquer les 12 principes dans un grand champ agricole ou en gestion forestière.

Les principes de la permaculture

La permaculture se base généralement sur 12 grands principes qui ont été proposés en 2002 par David Holmgren, co-fondateur de la permaculture, dans le livre Permaculture : Principles and Pathways Beyond Sustainability.

Les 12 principes de la permaculture :

  1. Observation
  2. Commencer doucement et à petite échelle
  3. Capter et conserver l’énergie
  4. Ne produire aucun déchet
  5. Utiliser et valoriser les ressources renouvelables
  6. Utiliser et valoriser les contours du territoire
  7. Utiliser et valoriser la diversité
  8. Viser la synergie plutôt que de compartimenter
  9. S’auto-réguler et accepter la rétroaction
  10. Concevoir la structure d’ensemble avant les détails
  11. Accepter le changement et l’utiliser de façon créative
  12. Obtenir une production

Vous souhaitez en apprendre davantage sur les 12 principes de la permaculture sociale? Nous vous invitons à consulter cette page web.

Parmi les principes de la permaculture, un exemple est d’essayer d’exploiter raisonnablement les ressources naturelles renouvelables : vent, eau, soleil. Ainsi, il est possible de capter leur énergie et stocker ces trésors pour en permettre l’utilisation plus tard. Vous pouvez, par exemple, stocker l’eau de pluie pour vos prochains arrosages. Une autre pratique est de composter vos déchets alimentaires, qui peuvent devenir une belle source de nourriture pour vos plantes. Vous pouvez également congeler ou déshydrater des petits fruits ou des légumes biologiques du Québec en été pour vous en régaler le reste de l’année, ou alors concocter de délicieuses confitures, marinades, conserves ou fermentations.

Un concept à intégrer dans notre quotidien

Dans notre vie de tous les jours, en dehors du jardin, appliquer les principes de permaculture revient plus ou moins à rejeter la surconsommation, l’individualisme et le capitalisme. Lorsque possible, on opte pour faire nous-mêmes, à petite échelle et selon nos besoins. La collaboration fait aussi partie de la permaculture : favoriser les échanges et les vécus de chacun, s’aider pour surmonter les difficultés qui peuvent surgir! N’hésitez pas à inviter les voisins et profitez de l’occasion pour transmettre des connaissances, partager du matériel et prêter main forte!

La permaculture sociale

La permaculture sociale correspond à l’idée d’appliquer les principes de la permaculture aux différents systèmes qui composent nos sociétés, comme l’économie, les relations sociales et bien plus. Par exemple, selon principe « intégrer plutôt que séparer », il faut disposer les bons éléments aux bons emplacements pour permettre à chacun de s’épanouir et au collectif de prospérer. C’est vrai pour les plantes qui rendent des services, mais aussi pour les humains.

Par son approche respectueuse de la nature, la permaculture privilégie donc la biodiversité et la protection des espèces. Elle évite aussi les pertes et le gaspillage et optimise les ressources naturelles renouvelables, de façon à mieux tirer profit de ce que la nature a à nous offrir. Dans le prochain et dernier article de cette série, nous aborderons la résilience écologique, qui correspond à la capacité des systèmes naturels à garder une stabilité en s’adaptant du mieux possible aux perturbations écologiques.

Pour en apprendre plus sur la permaculture, voici quelques ressources intéressantes à explorer :

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